Cela
- Atlantide-Research

Cela
Source : Recherche personnelle
Au sein des enseignements de sagesse on aborde parfois une notion qui traite de quelque chose qui nous dépasse, que l’on ne peut saisir au travers des mots, d’une prise de conscience qui reste difficilement explicable. On ne sait pas d’où cela provient mais cela arrive et nous habite. Ce n’est pas à proprement parlé quelque chose d’extraordinaire ou de sensationnel mais plutôt quelque chose d’infiniment calme et reposant.
Comme il est difficile, voire impossible de le définir précisément, nous ne pouvons qu’essayer de le décrire comme nous le ferions d’un nouveau paysage qui se tient devant nous et qui nous habite en levant les voiles de la sérénité et du pardon. Cela peut être décrit comme une pluie qui arrose nos paysages intérieurs et qui soudainement reprennent vie, ou comme une étoile qui s’allume dans notre ciel intérieur. C’est si difficile à décrire et encore plus difficile à écrire…
Il y a quelque chose en nous qui ne peut être ni sali, ni blessé. Cela nous accompagne et brille dans le firmament de notre univers intérieur. Cela échappe au monde de la peur et des colères, cela reste étranger aux attaques incessantes de ce monde.
Parceque cela est parfait, cela ne peut être touché par ce qui est blessant. Cela entonne joyeusement le chant du sourire, transforme le regard et laisse filtrer un visage empreint de paix et de sérénité. Cela ne peut que pardonner le monde.
Cela arrive un jour à notre conscience, sans même que nous l’attendions, comme un présent qui habille notre quotidien. Et c’est alors le monde soudainement qui change. Lorsque cela nous advient dans sa simplicité et sa profondeur, nous reconnaissons ce qui est là. Cela constitue notre réalité inconditionnelle que nous ne pourrons jamais perdre et que nous n’avons d’ailleurs jamais perdue. Simplement nous en prenons à nouveau conscience.
Ce qui se tient là n’est pas forcément donné par l’expérience car cela échappe à l’expérience. Mais parfois l’expérience nous donne le goût de cela. Ce qui se tient là n’est pas ce que nous aurions pu imaginer et donc rechercher car cela échappe à notre intelligence. Ce qui se tient là ne peut être que partagé. Lorsque cela nous est donné, cela ne peut être repris. Cela vient lorsque nous avons tout ou du moins suffisamment lâché nos cortèges de croyances, lorsque nous avons renoncé à une partie de nous-mêmes, lorsque nous avons déposé avec succès ou sans succès, nos habits de violence, une partie de nos peurs et de nos croyance.
Imaginez qu’un jour nous arrivions soudainement devant une porte invisible. Cette porte nous attire irrésistiblement mais nous ignorons pourquoi. Alors nous essayons de la franchir mais elle reste désespérément inaccessible. Nous essayons de comprendre pourquoi nous sommes tellement attirés par cette porte. Nous élaborons des théories et des méthodes pour essayez de la franchir. Cela nous prend toute notre énergie mais reste cependant insuffisant.
Alors prit d’une grande lassitude et d’une grande fatigue, nous levons finalement les yeux vers le ciel et demandons de l’aide. Et c’est alors qu’un jour, soudainement, un voile se lève sans bruit en faisant tomber nos propres voiles. Nous redécouvrons alors un nouveau monde sous l’empreinte de la virginité et nous franchissons cette porte le plus naturellement du monde.
Notre vie ne change pas, nous restons les mêmes physiquement. Nous accomplissons nos taches quotidiennes comme auparavant mais différemment, avec plus de cœur et de sérénité. Nous sourions sans raison. Nous sommes physiquement les mêmes mais nous portons la trace invisible du franchissement de cette porte. Et cette trace est une empreinte silencieuse et invisible que nous laissons derrière chacun de nos pas. Et cette empreinte porte les marques d’une joie, d’une paix et d’une innocence retrouvées. Il ne s’agit non pas ici d’une joie exubérante qui a besoin d’être manifestée bruyamment mais plutôt d’une joie sereine et silencieuse qui n’a pas besoin de mot et qui se transmet au travers du silence. C’est une sérénité calme et tranquille qui nous habite et nous rend imperméable à la peur et aux attaques du monde.
Est-ce cela le chemin ?
Peut-être qu’enfin nous nous trouvons sur le chemin…
Est-ce cela qui va nous permettre de fonder un état de paix ?
Peut-être que nous sommes, grâce à cela, et cela est peut-être une grâce, entrain de sortir de cet état de guerre intérieure qui va permettre l’avènement d’un nouvel état de paix…
Est-ce cela la transition ? …

