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Être et avoir

La société occidentale nous apporte a priori une réponse évidente sur le plan matériel. Elle cultive le bien-être et apporte un nombre croissant de déclinaisons matérielles qui nous facilitent la vie.

A priori, vivre c’est se donner la possibilité d’accéder à un pouvoir d’achat et c’est un premier pas. A posteriori, cette solution n’est pas aussi convaincante que cela.

Car le pouvoir d’achat est inscrit ou conscrit dans un système en vase clos. Le pouvoir d’achat répond aux besoins du mieux vivre. Pour vivre, nous avons effectivement besoin d’une certaine assise matérielle. Avoir de quoi manger, posséder un toit, exercer une activité sociale nous permettent en même temps de gagner notre vie et être intégré dans une société. Voila qui répond aux normes matérielles et concerne le domaine philosophique de l’avoir, c’est à dire tous les vecteurs matériels qui nous permettent en fait non pas de vivre mais de survivre.

La question devient préoccupante lorsque ce pouvoir d’achat devient totalitaire et commence lui-même à gérer et formater les rapports sociaux. De moyen il devient but. Comme si le but de l’existence était maintenant réduit au seul pouvoir d’achat et de consommation, comme si l’on pouvait en fait réduire le monde au règne de l’avoir au détriment de tout le reste.

Le règne de l’avoir a permis de fonder les assises du capitalisme. Le capitalisme est devenu une manière de vivre, donc une manière de penser, de parler et de faire.

Le capitalisme se donne le droit de tout convertir en argent avec toutes les conséquences humaines et écologiques que cela engendre. Parce que le capitalisme est devenu roi, il s’autorise à agir comme bon lui semble et soumettre à lui le reste du monde.

Quel étrange tour de passe-passe lorsque l’avoir tente d’acheter l’être ! Lorsque le capitalisme devient le seul vecteur qui semble encore pouvoir autoriser la liberté ! Pouvoir d’achat au détriment du pouvoir d’être !

 

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